Les Massicotte

La prononciation des consonnes finales est un trait distinctif de l’anthroponymie québécoise qui résulte de l’abondance des formes féminines en ette et en otte. Presque tous ces noms se sont implantés en Nouvelle-France sous la forme masculine et se sont féminisés au cours des deux ou trois générations suivantes. Vraisemblablement, ce phénomène s’est produit sous l’influence dialectale. En effet, les parlers dits « poitevins » avaient l’habitude de prononcer la consonne finale des mots. C’est ainsi que les Audet, Bissonnet, Ouellet sont devenus des Audette, Bisonnette, Ouellette. Ce phénomène affecte aussi une multitude de noms.

Curieusement, pour les Massicotte, descendants de l’ancêtre Jacques Massicot, il semble bien que l’idée de venir vivre ici est due en partie au hasard. Jacques Massicot, dont le nom deviendra Massicotte, est né en 1658. La recherche généalogique faite par Édouard-Zotique Massicotte (1867-1947) nous dit que l’ancêtre serait originaire d’un village disparu aujourd’hui, Saint-Pierre le Gisq en Saint-Onge. Les parents de Massicot, Jacques et Jeanne Landry, avaient de la famille en Nouvelle-France. L’étape suivante ressemble à un conte. La mère de Jacques Massicot avait une sœur mariée en 1667 à Québec, elle n’a pas d’enfant avec son mari, Pierre Contant ou Comptant. L’absence d’héritier naturel pose un problème. Ce dernier fait un testament dans lequel il désigne sa femme comme unique héritière. Peu après le décès de Pierre Contant, sa veuve se chargera de faire venir son neveu, Jacques Massicot, au Canada. Il s’établit à Batiscan. Il entre peut-être au service des Jésuites qui possédaient, là, de vastes domaines où il travaille, peut-être, à mettre en valeur les terres de Contant et de sa tante, Louise Landry.

Le 28 juin 1686, Jacques Massicot signe un contrat de mariage avec Marie-Catherine Baril. Le 12 juillet suivant, le mariage a lieu à Batiscan. La famille Massicot aura 12 enfants entre 1697 et 1719. Jacques Massicot décède au mois de juin 1738, suivi par Marie-Catherine en octobre 1752. Cette famille s’est d’abord répandue dans la région de Batiscan, de Champlain et du Cap-de-la-Madeleine. On trouve maintenant des Massicotte dans tout le Québec et aux États-Unis.

Parmi les Massicotte qui se sont démarqués au Québec, on a Edmond-Joseph Massicotte (1855-1929) artiste illustrateur. On retrouve entre autres ses illustrations de la vie quotidienne des Canadiens dans l’Almanach du peuple Beauchemin en 1919. Édouard-Zotique Massicotte (1867-1947), avocat et homme de lettres, a fait partie de plusieurs sociétés littéraires. Il est médaillé de la Société royale du Canada en 1939. Georges Massicotte, agronome et député, a été maire de Saint-Agapitville de 1975 à 1978. L’humoriste François Massicotte en a fait rire plus d’un jusqu’ici.  Il ne faut pas oublier Claire Massicotte, membre de notre régionale depuis 2011. Elle est responsable de notre bulletin de liaison « Un P’tit mot. »

 

Sources : 1) Jacob Roland, Votre nom et son histoire, Les Éditions de l’homme, 2006, page 348.

2) Cournoyer Jean, La mémoire du Québec, Les Éditions internationales Alain Stanké, 2001, page 967.

3) Lacoursière  Jacques, Bizier Hélène-Andrée, Les Éditions Transmo, 1979, #34, page 681.

 

Georges-Henri Rivard

2 comments on “Les Massicotte

  1. Bonjour,

    Passionné de généalogie, je veux simplement apporter des modifications à vos informations. En effet, Jacques Masscicot(te) unira sa destinée à Marie-Catherine Baril le 2 juillet 1696 (et non le 12 juillet 1686) comme vous l’indiqué. Je tiens cette information du site généalogique «Drouin».

    Il décède probablement au début juin 1738, car sa sépulture est enregistrée en date du 3 juin 1738 à Saint-Geneviève-de-Batiscan.

    Continuez votre bon travail.

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